Le soleil couchant : réflexions solaires |
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| Écrit par Max-Émilien Robichaud |
| Lundi, 10 Mai 2010 00:00 |
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Le soleil couchant : réflexions solaires De par la fenêtre arrière de ma cuisine, le soleil déclinant m’inonde de ses rayons. Assis devant mon évier sur mon tapis de cuisine et adossé à l’armoire, je profite de ces moments privilégiés. Je contemple la neige tardive et exceptionnelle de fin avril qui hier écrasait de ton son poids mon lilas. Elle rapetisse à vue d’œil comme peau de chagrin; decouvrant le vert gazon contrastant avec elle. Tout est calme ici et silencieux du moins sauf le ronronnement régulier de mon frigo. Je viens souvent profiter en fin de journée des derniers rayons de la journée; d’autant que les arbres sont encore pour la plupart dénudés. Oh le téléphone qui sonne et que j’ai oublié sur mon bureau. C’est mon fils de 17 ans qui me donne son emploi du temps pour la soirée. Il m’assure qu’il sera de retour avant 22h00 selon notre entente mutuelle. Bien sûr il passera sa soirée avec sa petite Julie : tennis, devoirs et travaux me dit-il, omettant sans doute l’essentiel de leurs retrouvailles désormais régulières. Ils vont finalement l’annoncer sur Facebook, me confirme-t-il; un grand passage pour lui. Oui ce soleil et ses rayons me font tant de bien à mon corps, mon cœur et mon âme; un bain naturel. Certes je communie avec la nature, mais de ma fenêtre, un pis aller pour une vraie immersion que je pratique plus souvent en été dans les sentiers pédestres de la montagne. L’hiver je pars sur mes skis de lade maison. Mais tout de même ce soir je regarde la nature mais je ne la sens que par le soleil sur ma peau et par mon regard vitré. Mais où en sommes-nous humains dans notre rapport avec cette nature? Il semble bien que nous l’apprécions davantage à travers nos fenêtres de maison et d’auto et même en moto; ces derniers disent bien communier avec la nature mais passent peut-être un peu vite pour vivre une expérience contemplative. A tout considérer notre rapport a bien changé avec le temps. Déjà nos aïeux, encore plus nos ancêtres de nos campagnes, étaient plus proches sans doute mais ce n’est rien à coté des premiers habitants de ce continent. Ils vivaient, eux, avec et dans la nature mais sans fenêtre. Et les premiers hommes alors… Somme toute, il est intéressant de constater que l’humanité actuelle a tout de même vécu depuis lors 99.9% du temps en nature depuis le début. Somme toute, selon l’horloge du temps humain, notre régime de vie actuelle date depuis très peu de temps. J’entends au loin un bruit d’avion dans doute commercial. Les passagers se trouvent aussi en rapport avec la nature à travers leurs hublots, au-dessus des nuages isolés tout de même par la carlingue. Nos développements technologiques nous sont fort utiles, ici rapprochant les continents, là sauvant des vies. Mais que devient la nature dans tout cela, pour ne pas dire la nature humaine. Tout va de plus en plus vite; vite au travail, vite à l’épicerie et oui vite en fin de journée pour ne pas rater le début dernier film « Les Avatars ». Il paraît que les paysages sont si magnifiques, les iles flottante, tout un exploit cinématographique. C’est dit-on plus beau que nature. Mais quoi c’est le monde à l’envers. Nos écrans nous montrent désormais une nature fabriquée de toute pièce, plus splendide que la vraie comme la chirurgie plastique fait mieux que l’original. Reste à voir si les effets seront bénéfiques à long terme; en attendant je préfère encore les rayons traversant ma fenêtre et mieux encore sans cette dernière. Oui j’aime ce soleil mais d’autres pas. A ce fichu soleil, il m’aveugle et m’empêche de bien travailler rage ce chauffeur de taxi. Et mon fils qui chicanait d’être assis du mauvais côté de l’auto, aveuglé par ce maudit soleil. Voilà parfois le traitement cavalier qui lui est réservé. Il dérange souvent sauf notamment pour les adonis qui s’y dorent jus qu’en rôtir la semaine durant dans le Sud. Autrement les salons de bronzage font bien l’affaire. Mais les études canadiennes récentes condamnent cette pratique jugée dangereuse pour la santé. Et qui d’autres encore en veulent parfois au soleil ? Il y a sans doute les agriculteurs qui certes le réclament à grands cris au printemps mais le maudissent en juillet lors de saisons sèches : « Tu me gâches toute ma récolte, sacripant, ronchonnent-ils! Comme quoi chacun et chacune y trouvent une fois leur intérêt et une autre fois, leur inconfort. Allez donc y comprendre quelque chose. Même le couple en voyage de noces dans le sud, l’un voulant être au soleil, l’autre à l’ombre. Je n’ose même pas imaginer l’aboutissement des recherches en cours pour modifier le climat et déclencher la pluie. Au moins chez les Amérindiens, tous ensemble et en consensus, ils pratiquaient la danse de la pluie. Mais ce soir, le soleil, poursuit sa randonnée, non pas sa course comme disent certains car, lui, n’est guère moderne, ancien qu’il est, trop vieux pour accélérer le pas car aucun film ne l’attend; en fait il est plutôt objet de prose, de poésie et parfois d’histoire catastrophique. Il est bien sage, discipliné et assez discipliné même si il tempête parfois assez fort pour nous effrayer. Souvenez-vous de ces explosions solaires qui ont bousillé les circuits d’Hydro Québec il y a quelques années. Et moi, je ne sens plus sa chaleur sur mon corps, une différence nette pour mon plaisir et mon bien être; les réactions biochimiques s’estompant. Près de l’horizon, il se faufile déjà difficilement au travers des quelques nouvelles feuilles. Je peux désormais le regarder en face, yeux dans les yeux. Il semble me dire au revoir, passant de l’autre côté de la terre. Ici je comprends bien pourquoi les anciens le faisaient comme moi le faire tourner autour de la terre et non l’inverse depuis les Copernic, Galilée et Newton. Il est resté plutôt neutre et impassible durant cette péripétie et ce débat à ce sujet. Il a tout de même fallu du courage pour avancer cette nouvelle théorie héliocentrique devant l’hostilité des grands et l’incrédulité des petits de ce monde. Et, lui, il est resté muet comme une carpe, illuminant tout aussi bien les protagonistes et les adversaires de cette avancée scientifique tout de même grandiose. Certes Galilée s’en est tirée avec une rétractation alors que son collègue italien Bruno, a complète ses expériences au chaud sur un bûcher, certes plus brulant que les rayons solaires. Triste sort pour un scientifique compétent, honnête et convaincu mais pas assez convaincant pour les ignares de l’époque. Icare aurait peut-être pu témoigner en sa faveur s’il n’avait pas osé s’approcher autant du soleil; ce dernier faisant fondre la cire retenant ensemble ses ailes, fabriquées de main humaine. Que d’histoires pour notre unique soleil. Et il pourrait sans doute nous en compter encore de plus belles et même plus dramatiques, s’il osait ajouter un langage verbal au langage éclair. Car il existe depuis fort longtemps selon notre temps terrestre, des milliards d’années à façonner notre système. Mais mémoire et hauteur d’homme, il va toujours selon le même train, le même trajet et ce, sans rechigner trop. Tout de même un modèle de discipline à faire envier les capitalistes grands et petits. Il est toujours à l’heure, même sans aucune montre ou horloge d’époque. Il ne parle ni ne rouspète et il est tout à fait équitable et non discriminant peu importe la religion, les convictions politiques les races. Non il n’est pas raciste et certains disent qu’ils a même contribué à les façonner. Mais bon trêve de commentaires, de palabres et de réflexions solaires plus ou moins éclairées. Je doute fort qu’il nous écoute, déjà qu’il inonde et réveille l’autre monde de la terre. J’imagine très bien ces gens bénéficier de ses premiers rayons encore timides pour se lever et eux aussi se précipiter au travail; je préfère ma situation car ma journée achève et je peux dès lors commencer à rêvasser et personne pour me reprocher de me réfugier dans la lune.
Max-Émilien Robichaud : Thérapeute psychocorporel |
















